Biogaz : épandage des digestats
Publié le: 08 septembre 2000
La possibilité d’épandage des digestats des méthaniseurs est un point essentiel de réussite de la filière méthaniseur. Aussi avons nous suivi avec inquiétude et attention le colloque du 5 juillet 2000 sur l’épandage des boues des stations d’épuration. Il avait pour objectif de présenter les conclusions du « Comité National des boues » qui était parvenu à un accord consensuel...
Des informations très intéressantes y ont été fournies, notamment que la plupart des boues comportaient moins de métaux que beaucoup d’autres engrais et de produits phytosanitaires . L’impression qui ressort est que s’il y a consensus sur l’intérêt d’épandre les boues sur des terres agricoles, il y a divergences sur la manière. Ces retours en arrière sur les travaux de la Commission risquent de faire échouer l’accord annoncé officiellement par Mme Voynet.
Les principales divergences apparues proviennent essentiellement : a) Des propriétaires terriens non exploitants (environ 50% des terres). Ils souhaitent contrôler la qualité des boues qui seront épandues et interdire de facto l’épandage de certaines stations dont les qualités sont dans la fourchette haute des produits épandables. (notamment les stations d’épurations industrielles). Ils n’ont pas non plus abordé le cas des terrains extrêmement morcelés. La détermination des propriétaires sera renforcée par la faillite d’un d’entre eux occasionnée par l’épandage de cuivre sur ses terres (in le Monde du 31/8/00) ; b) Des distributeurs de produits alimentaires qui font des contorsions sémantiques pour déterminer si le fait qu’une terre qui a reçu des boues pourra continuer à produire pour eux. Bonduelle vient d’ailleurs simultanément d’affirmer dans un journal qu’il continuera d’exclure les terres concernées ; c) Des épandeurs qui manifestement, sous couvert d’efficacité, ne souhaitent pas effectuer des contrôles précis et en rendre compte aux propriétaires sur ce qu’ils épandent et où ils le font.
Parmi les points forts on remarque que : - la méthanisation des boues des stations d’épuration est largement ignorée comme technique de stabilisation des boues ; - l’épandage des boues doit se faire à 0F rendu racine (position de la FNSEA) ; - la police de l’eau est fondamentale pour obtenir des boues épandables ; - l’alternative incinération augmenterait en moyenne le prix de l’eau d’environ 0,5F/m3.
L’absence d’accord sur les boues de STEP rendrait plus délicat un accord similaire sur les digestats de FFOM méthanisés ou compostés et interdirait de facto les possibilités de co-digestion (de déjections animales, de FFOM, de boues de STEP…) que l’expérience danoise indique comme particulièrement efficace tant d’un point de vue agronomique que financier. La codigestion est souvent une des rares alternatives à la mise en décharges dans les zones rurales.
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