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Publié le: 09 mars 2001
Descriptif technique Cette température est souvent négative et se situe dans un grand nombre de cas entre –20°C et -80°C. La condensation s'effectue donc généralement en plusieurs étapes : par exemple, un étage de refroidissement de l'effluent et d'élimination de l'eau, un deuxième étage pour récupérer les composés le moins volatils et un troisième pour les plus volatils. Pour descendre en-dessous de –40°C, limite des groupes frigorifiques à compression mécanique, on utilise les fluides cryogéniques, essentiellement l'azote liquide (196°C), parfois le CO2 liquide (-140°C). Il est cependant difficile d'assurer une température uniforme à l'intérieur du condenseur, ce qui accroît les risques de cristallisation. Dans ce cas, il faut soit adopter des géométries d'échangeur particulières, soit mettre en place deux condenseurs en parallèles. Si la température à atteindre est supérieure au point triple, il vaut mieux utiliser un fluide frigoporteur intermédiaire, lui-même refroidi par l'azote liquide dans un échangeur. Cette solution permet d'obtenir une température plus homogène dans le condenseur et de la réguler pus finement, ce qui évite de dimensionner l'appareil pour le débit de pointe. Ce dernier procédé convient pour une gamme de puissances plus étendue, de 5 à 200 kW. Pour les puissances très faibles, inférieures à quelques kW, la société Air Liquide a mis au point un caloduc cryogénique fonctionnant sur ce principe du fluide intermédiaire, avec de l'azote liquide comme source froide et l'effluent à traiter comme source chaude. Système statique, il supprime la pompe servant habituellement à mettre en mouvement le fluide intermédiaire. Signalons également le procédé Crysumat-K, mis au point par la société Messer et Griesheim, qui a la particularité d'être intermédiaire entre les procédés à contact direct et indirect: des billes d'acier inox, refroidies à 150°C par contact direct avec de l'azote liquide, sont mises en circulation à contre-courant de l'effluent à traiter et entraînent les cristaux formés avec elles. Les COV sont récupérés sous forme liquide dans la partie basse de l'appareil, plus chaude, et le système peut fonctionner en continu, sans doublement des appareils. Performances et caractéristiques Les performances peuvent être affectées par plusieurs phénomènes perturbants. Le premier est l'entraînement éventuel de gouttelettes de condensat par le flux d'effluent, ce qui nécessite la mise en place d'un dévésiculeur en sortie du condenseur. En deuxième lieu, sauf pour les systèmes à fluide intermédiaire, les fluctuations de débit et de concentration peuvent diminuer l'efficacité du traitement. On peut alors être amené à réinjecter en amont de l'air épuré ou un gaz afin de stabiliser le débit, ou encore à placer, toujours en amont, une unité d'adsorption pour écrêter les pointes de concentration. Cette unité délivrera une concentration constante et plus élevée, ce qui est favorable à la condensation. Enfin, la présence de vapeur d'eau constitue une gêne importante. Elle peut occasionner l'apparition de givre sur le condenseur (perte d'efficacité thermique, risque de colmatage), la formation de produits corrosifs (hydrolyse) ou rendre la récupération des condensats difficile et nécessiter la dépollution de l'eau condensée. On peut enlever une partie de la vapeur d'eau par un premier étage de condensation vers O°C ou sécher l'effluent par adsorption ou perméation. Pour éviter le givre, on peut utiliser deux condenseurs en parallèle, fonctionnant alternativement en condensation et en dégivrage, ou surdimensionner le condenseur (intéressant pour les traitements discontinus). Recherche et développement Les campagnes expérimentales sur sites industriels, menées par le Groupement de recherche sur les échangeurs thermiques (GRETh) et recensées dans la littérature, montrent qu'il est nécessaire d'abaisser la température de l'effluent en dessous de la température d'équilibre du mélange N2-solvant correspondant à la concentration réglementaire (150 mg/m3) si l'on veut respecter celle-ci. Trouver les raisons de cet écart, qui peut parfois atteindre 20°C et dont on peut imaginer l'effet pénalisant sur le fonctionnement et les performances énergétiques du procédé, et proposer des solutions sont les objectifs des travaux actuels du GRETh. Ces travaux, soutenus par l'ADEME, s'appuient sur la réalisation et l'exploitation d'un outil expérimental dénommé “Coccinelle”, qui permet l'analyse fine des mécanismes de condensation d'un solvant (I'isopropanol) dans un mélange N2-solvant s'écoulant dans une calandre constituée de tubes verticaux lisses et à ailettes longitudinales. -Elle a mis en évidence que la condensation du solvant se réalise -de façon quasiment exclusive- sous forme de brouillard constitué de fines vésicules liquides au cours de la phase gazeuse. On peut également conclure à l'absence, dans la plupart des conditions expérimentales, d'un film de condensat à la paroi. La présence de ce brouillard expliquerait les écarts relevés entre concentrations en solvant dans l'effluent mesurées sur sites et calculées à partir de l'équilibre thermodynamique, puisque l'expérience Coccinelle permet de conclure à la formation d'un effluent sursaturé en sortie d'équipement. Ces résultats ont des conséquences concrètes évidentes puisqu'ils expliquent clairement les raisons des anomalies relevées sur les équipements industriels et qu'ils mettent en évidence la nécessité d'une séparation mécanique efficace en sortie de condenseur pour limiter les concentrations des rejets gazeux. Exemples d'application Le flux de COV débouche d'abord dans une garde hydraulique remplie de toluène réfrigéré, qui assure un premier abattage. L'unité cryogénique, placée en aval, peut travailler à une température de consigne réglable, autour de -80'C, et réalise la condensation des COV restants. A cette température, cependant, une partie des COV et la vapeur d'eau vont cristalliser, ce qui conduit à un bouchage progressif du condenseur. Deux condenseurs travaillent donc en parallèle et en alternance, l'un à la température de consigne, l'autre en dégivrage. La commutation s'opère par horloge ou par détection d'une surpression à l'entrée du condenseur (pressostat). Les COV condensés sont récupérés dans un réservoir et évacués par une pompe centrifuge; l’azote gazeux est recyclé dans le procédé. Quoique dimensionnée pour le débit maximal (50 Nm3/h), l'unité de cryocondensation est très compact. Elle loge dans un châssis en inox de 2 m de haut sur 4,5 m de long et 2,3 m de large. Réalisée fin 1995, elle a démarré avec succès au printemps 1996. Les Etablissements Duwicquet, à Duisans (62), fabriquent des éléments métalliques pour rayonnages. Ces éléments passent par une phase de dégraissage au trichloréthylène à 87°C puis sont immergés dans une cuve de peinture époxy en milieu trichloréthylène à 80°C avant d'être introduits dans le four tunnel de polymérisation. Aux températures de travail, le trichlo est très volatil et la société en consommait environ 340 t/an, rejetées à 50°C. Aux Laboratoires Upjohn à Val-de-Reuil (27), Air Products (matériel) et Sogéquip (ingénierie) ont installé en 1993 une unité de condensation cryogénique (Cryocondap) pour traiter les 300 m3/h d'effluents chargés de solvants divers à 10 g/m3 en moyenne, provenant d'une vingtaine d'évents de réacteurs et de pompes à vide. Le flux passe d'une concentration de 1,8 à 3 kg/h (carbone total) à une concentration de 0, 1 à 0,2 kg/h ; le rendement d'épuration est donc de l'ordre de 95%. Les solvants récupérés sont envoyés à la destruction dans un centre spécialisé, avec les autres soIvants usés de l'usine ; l'azote gazeux est réutilisé en fabrication pour l’inertage des réacteurs. Les effluents sont collectés aux évents, munis de clapets anti-retour, par un réseau de polyéthylène et aspirés par un ventilateur de débit nominal 1000 m3/h. lis passent dans un pré-échangeur à –10°C/ -20°C, puis dans le cryocondenseur dont la température de sortie est régulée à -80°C par réglage du débit d'azote liquide. Il y a en fait deux pré-échangeurs fonctionnant en alternance (toutes les 4h30 environ) en condensation et en dégivrage et purge à l'azote. Le cryocondenseur lui-même est dégivré chaque semaine par purge à l'azote. Début 1995, UpJohn a mis en service dans la seconde usine du site une seconde installation de traitement mais avec deux condenseurs cryogéniques, ce qui permet de fonctionner en continu. Le dépôt d'hydrocarbures de CPA à Grand-Quevilly (76) charge en moyenne plus de 1 500 000 m3 par jour d'essence, de gazole et de fuel domestique, ce qui représente près de 200 camions citernes par jour. Pour anticiper la réglementation et optimiser la rotation des camions, elle a construit deux postes de chargement en source et en prévoit trois autres dans les prochaines années. Ces postes sont équipés d'une unité de récupération (URV) par condensation et adsorption mise en place par Air Liquide afin de récupérer les vapeurs d'hydrocarbures émises lors du chargement des camions. Cette URV comporte quatre étages : Cette installation a démarré au cours de l'été 1996. Grâce au couplage de deux techniques, la condensation et l'adsorption, elle est la première en France à respecter la limite d'émission de 150 mg/Nm3 et ses performances ont été validées par l’ADEME en décembre 1996. Principaux fournisseurs * Condensation cryogénique Article paru dans le supplément technique d'Energie Plus n°204 du 15 avril 1998 © ATEE – ENERGIE PLUS Tous droits de reproduction réservés Fichier
SCHEMA CONDENSATION.doc
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