Energie plus
Publié le: 21 septembre 2000

Pas la peine de s'étendre longuement sur le fait que les dangers présentés par les pollutions acides, les poussières et l'accroissement de l'effet de serre constituent un argument de poids en faveur du gaz naturel. Mais les experts de l'UIG ont ajouté quelques données intéressantes, notamment en matière de "coûts externes" et de taxes écologiques.

Comme tout autre bien, les énergies génèrent des externalités tout au long de leur cycle de vie, depuis leur extraction ou production jusqu'à leur usage, et l'analyse doit prendre en compte la totalité de ce cycle. Pour les combustibles fossiles, cependant, les principaux impacts sur l'environnement apparaissent lors de l'usage final du fait des polluants atmosphériques émis par leur combustion. La plupart des études réalisées se limitent à cette approche. C'est le cas, en particulier, de l'étude ExternE ("Externalities of Energy") publiée en 1995 par la DG XII de la Commission européenne.

De façon générale, il ressort de cette étude que les principaux coûts externes, et de très loin, sont liés à la santé publique et à l'effet de serre, que ces coûts sont maximaux pour la France et l'Italie en raison de leur densité de population, et que le gaz naturel est le combustible fossile dont l'usage entraîne les coûts externes minimaux.

Si l'on agrège ensuite ces données pour le secteur de la production d'électricité de chaque pays, il apparaît que la totalité des coûts externes peut atteindre jusqu'à 1% du PNB de certains états membres, ce qui est loin d'être négligeable et justifie l'intérêt croissant que portent les gouvernements et l'Union Européenne à ce type d'approche pour orienter leurs politiques énergétiques. Mais l'incertitude sur les chiffres exige beaucoup de prudence dans leur interprétation et dans les décisions qui pourraient en découler.

La taxation environnementale

L'un des moyens d'internaliser ces coûts externes est la fiscalité environnementale. De nombreux pays européens ont instauré des taxes environnementales, mais selon des structures et des modalités d'application très différentes.

Mis à part les cas de certains pays qui veulent soutenir leurs ressources énergétiques locales comme le charbon ou le lignite, l'effet d'une taxation environnementale sur l'énergie se montre généralement favorable au gaz naturel, du moins dans un premier temps. Il est en effet à la fois le combustible fossile qui contient le moins de carbone et dont la combustion émet le moins d'effluents atmosphériques polluants. A plus long terme, l'effet prévisible est plus ambigu : une écotaxe efficace qui amènerait les consommateurs à faire des économies d'énergie substantielles et à opter pour des sources sans carbone pourrait réduire globalement les ventes de gaz.

Dans la comparaison des différents combustibles au regard de l'effet de serre, il ne faut pas se limiter à comptabiliser les émissions de CO2 à la combustion. Il est nécessaire de prendre également en compte les fuites de gaz tout au long du cycle de production, transport, stockage et distribution, fuites qui contrebalancent partiellement l'avantage du gaz vis à vis des autres combustibles. Le méthane étant 21 fois plus actif que le gaz carbonique en ce qui concerne l'accroissement de l'effet de serre, on arrive à la notion de "taux de fuite équivalent" au-delà duquel cet avantage s'annule. Le TFE dépend évidemment du combustible de comparaison : il est situé entre 4 et 6% pour les fuels, de 8 à 9% pour le charbon et de plus de 13% pour le lignite. Le groupe de travail de l'UIG chargé de l'évaluation du taux de fuite global du système gazier mondial a abouti au chiffre de 1,3%, ce qui correspond à une émission de 0,92 g CH4 par kWh PCI, soit encore de 19,32 g d'équivalent CO2 par kWh.

Article paru dans le Dossier Gaz du supplément technique d'Energie Plus n°251 du 15 septembre 2000



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